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Le fils du charpentier, de Bernard Clavel

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Message  André Mar 21 Déc - 11:45

Récit lumineux ... et de circonstance à la veille de Noël

Bernard Clavel est mort il y a peu de temps sans tambour ni trompettes.
À 87 ans, il est vrai qu'il avait l'âge de faire un mort, et qu'il n'était pas un écrivain issu du milieu. Sans doute l'intelligentsia autoproclamée ne vit-elle jamais l'un des siens en cet autodidacte qui débuta comme mitron, et exerça différents métiers avant de devenir journaliste dans les années 1950, puis écrivain prolifique.

Car, Bernard Clavel écrira une centaine de romans, essais, contes pour enfants et poèmes. Le succès fut au rendez-vous, et j'ai connu des lecteurs qui n'auraient jamais manqué la publication du dernier Clavel.
Sa production abondante fut couronnée par le prix Eugène Leroy en 1960 (pour l'Espagnol), le grand prix du roman populiste en 1967 (pour La Maison des Autres), le prix Goncourt en 1968 (pour Les fruits de l'Hiver) ainsi que bien d'autres qu'il est inutile d'égréner.

Militant inlassable de la paix, défenseur infatigable des droits de l'homme, partisan de l'objection de conscience, non-violent engagé, il dénoncera sans cesse guerres et brutalités ce qui lui vaudra bien des inimitiés et une longue polémique pour son roman le Silence des Armes.

On retiendra de l'écrivain un style simple, sans manière pour raconter des histoires d'hommes et de femmes souvent humbles dépeints avec affection, occupés à des travaux manuels auxquels il saura toujours rendre la grandeur et la noblesse. Il n'avait jamais oublié son apprentissage de pâtissier sous la férule d'un patron injuste et brutal, ce qui fera de lui un révolté solidaire des humiliés, ni l'usine de lunettes, ni le bûcheronnage, ni l'atelier de reliure, ni aucun de ces emplois successifs qui lui apprirent la dureté du travail, mais aussi la beauté de l'ouvrage bien fait.

C'est avec curiosité que je me suis laissé aller à la lecture de ce petit ouvrage peu connu, Jésus, le fils du charpentier. Rien que le titre dit tout de Bernard Clavel, de son amour du métier que l'on exerce avec des mains habiles, utiles et honnêtes. Ce livre n'a rien à voir avec les études historiques fouillées, comme put l'être celle de Ernest Renan (1823~1892), c'est juste une narration enchantée, qui ne dédaigne pas d'incorporer au strict récit donné par les textes les enjolivures de la tradition profane.

Désirant se garantir contre les critiques des historiens et des religieux, Bernard Clavel préviendra d'emblée :
"Je ne suis ni spécialiste des textes sacrés ni historien de l'Antiquité. Que l'on n'attende pas de ce livre des révélations... J'ai simplement voulu raconter l'histoire de Jésus telle qu'elle est entrée en moi au cours de mon enfance, avec une pauvre crèche dont, chaque hiver, ma mère tentait de recoller les personnages. Avec quelques images comme Le Massacre des Innocents peint par Bruegel. Avec des mots et des musiques d'une grande naïveté mais, aussi, d'une infinie beauté et chargés d'une émotion inoubliable.
Ce qui m'a conduit à raconter cette histoire, c'est l'enfant Jésus et ceux qui l'aimaient. Tant de tendresse et tant d'amour pour aboutir à tant de violence et de cruauté.
"

En quatrième de couverture de la version Pocket, l'éditeur écrira :
"Énigmatique et transparente,divine et si profondément humaine, cette histoire lue et entendue maintes fois au cours de notre propre enfance nous atteint, grâce à Bernard Clavel, avec une fraîcheur et une urgence qui étonnent et qui troublent. Avec la simplicité majestueuse du conteur, il nous donne à entendre cette parole qui enseigne la pauvreté, l'humilité et l'oubli de soi, contre la violence et la cruauté du monde"

Tout est dit.

En cette période de Noël, il m'a semblé opportun de rappeler la signification originelle de cette fête; il m'a semblé également judicieux de remettre en mémoire de ceux qui l'auraient oublié quel grand conteur et quel homme debout fut Bernard Clavel.

On peut bien sûr le découvrir ou le retrouver avec Le Tambour du Bief, Malataverne, L'Hercule sur la Place, Le Voyage du Père porté à l'écran par Denys de la Patellière avec Fernandel dans le rôle principal, La Lumière du Lac et tant d'autres.

Bonne lecture.

Presse Pocket, 245 pages de caractères confortables, N°10325

André
21 Décembre 2010


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