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Le camp des Saints, de Jean Raspail

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Le camp des Saints, de Jean Raspail Empty Le camp des Saints, de Jean Raspail

Message  André Ven 6 Avr - 14:16

Grand roman polémique et prémonitoire

Polémique :

L'ouvrage, paru en 1973, n' a suscité à ce moment-là ni remous médiatiques ni cris d'orfraie, hormis les glapissements habituels que les critiques de gauche adressent à un écrivain de droite assumé. C'est qu'en ces temps pompidoliens, la loi Pleven (relative à la lutte contre le racisme) n'avait rien trouvé à redire, et l'on pouvait se livrer alors aux spéculations en tous genres sans encourir les foudres de la bien-pensance inquisitoriale d'aujourd'hui.

Sous la pression d'associations non élues et d'une opinion manipulée, d'autres lois ont vu le jour : loi Gayssot, loi Lellouche, loi Perben II. Il en résulte un contrôle vétilleux des pensées de chacun dès lors qu'elles sont exprimées, et ensuite judiciairement réprimées si jugées déviantes (les fameux dérapages!) malgré la sacro-sainte liberté d'expression dans un pays qui, officiellement, ne connaît pas le délit d'opinion.

Toutefois, la rétroactivité des lois n'existant pas en France, Le Camp des Saints a pu être réédité à plusieurs reprises sans que soit changé un seul iota du texte primitif. En France, il le sera en 1973, 1974, 1978, 1981, 1985, 1989, 2002 et 2011. Au total, en tenant compte des différents parutions étrangères, cet ouvrage ne connut pas moins de vingt éditions en 38 ans.

On comprendra que je ne pouvais pas ne pas m'y intéresser d'abord parce qu'il est controversé, ensuite parce qu'il perdure alors que des badineries consensuelles, et inoffensives, ne passent pas l'été qui les a vu paraître.

S'il était présenté aujourd'hui dans sa forme actuelle, ce bouquin ne pourrait pas être mis à disposition des lecteurs infantilisés que l'on cherche à faire de nous : il serait saisi pour, au mieux être censuré au pire être interdit. C'est qu'il aborde gaillardement le tabou absolu de notre temps, celui de l'immigration considérée comme une invasion et une perte de l'identité occidentale. Wahoul Le gros mot est lâché

En fin d'ouvrage, Jean Raspail, aidé d'un avocat, dresse la liste des 87 motifs, en précisant les pages et les lignes, qui le conduiraient recta en justice. Et y être condamné.
Pour des pensées à ne pas avoir, des paroles à ne pas dire, des mots à ne pas écrire au bon pays de Voltaire, qui doit sûrement se retourner dans sa tombe aujourd'hui.

Prémonitoire :

Le thème du Camp des Saints, qui est une pure fiction, n'est pas compliqué. La quatrième de couverture suffit à en dire l'essentiel : Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont échoués, chargés d'un million d'immigrants. Ils viennent chercher l'espérance. Ils inspirent la pitié. Ils sont faibles. Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l'Autre, c'est-à-dire multitude, l'avant-garde de la multitude. À tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire?

Repousser les affamés à la mer, en recourant à l'armée?
Accueillir cette foule innombrable comme notre culpabilité d'occidental, sans cesse travaillée au corps par les droits de l'homme, l'anti-racisme, l'industrie caritative et l'apologie du multiculuralisme, nous y invite?
C'est le dilemme.
En 1973, on imaginait n'avoir à le résoudre que sur des plateaux de télévision, entre bien-pensants pour qui la misère très lointaine, pour ne pas dire virtuelle, était avant tout un moyen d'exhiber sa grandeur d'âme à bon compte, sans avoir à côtoyer le misérable crève-la-faim.

Mais en 2011, inopinément, la réalité rattrape la fiction; la voilà qui se manifeste, prenant tout le monde de cours, comme s'il n'y avait pas eu d'avertissement : des bateaux, par dizaines, venant de Tunisie, s'échouent sur les côtes italiennes. Que faire de ces nouveaux arrivants? Quel sera l'impact sur notre société si le flux ne s'interrompt pas mais, au contraire, s'intensifie? Ce sont les mêmes questions que dans le roman de Jean Raspail qui apporte une réponse à sa façon.

Le titre :

Le titre intrigue.
Il est tiré du dernier livre de la Bible, l'Apocalypse, qui signifie Révélations, et est considéré comme prophétiques par beaucoup, farfelus ou théologiens. La citation placée en exergue du roman n'est pas in-extenso lorsqu'elle est présentée ainsi :
Le temps des mille ans s'achève.Voilà que sortent les nations qui sont au quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des Saints et la Ville bien-aimée.

Je laisse à chacun le soin de chercher et lire la citation exacte ainsi que sa suite, qui contient la conclusion (Ap 20-7~9)

Le style

Il s'agit d'une oeuvre littéraire au plein sens du mot, et non d'une étude sociologique. Il y a un style fougueux, parfois tumultueux au point de rappeler LF. Céline, avec toutefois un génie inventif moins puissant. On se trouve emporté dans de somptueuses descriptions semblables à un maelström d'images, d'odeur et de bruit.

À lire. Qu'on soit d'accord ou non avec Jean Raspail, qu'on approuve ou qu'on abomine. Ça fait réfléchir et s'exclamer parfois : c'était déjà comme ça en 1973? On se croirait aujourd'hui. C'est dire si ce bouquin m'a paru actuel.


Chez Robert Laffont 395 pages. 22 € (Indisponible en rayon; je l'ai commandé chez Alice)

André

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