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Les Dîners de Calpurnia, de Jean Diwo

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Les Dîners de Calpurnia, de Jean Diwo Empty Les Dîners de Calpurnia, de Jean Diwo

Message  André Sam 23 Mar - 13:00

Roman historique épatant

En guise d'introduction :

D'une manière générale, j'aime beaucoup les romans historiques, sans que je sache vraiment pourquoi. Peut-être, me dira-t-on, qu'ainsi je cherche à échapper à une réalité sans attrait, à vivre dans des chimères, à quêter un hypothétique temps meilleur... Peut-être aussi pourra-t-on me rappeler que ce type de roman m'a tenu compagnie lors des longues années de pensionnat, sans jamais m'ennuyer, et qu'il m'en reste une disposition d'esprit. C'était alors le grand souffle d'Henryk Sienkiewicz (Quo Vadis?, Par le fer et par le feu, Les Chevaliers teutoniques), l'amitié trahie suivie de l'inéluctable vengeance aux temps christiques de Lewis Wallace (Ben Hur), le drame romantique d'Edward Bulwer-Lytton (Les derniers jours de Pompéi), la révolte aux heures romaines d'Arthur Koestler (Spartacus), l'époustouflante précision de Mika Waltari (L'Étrusque, Sinouhé l'Égytien)... j'en passe et d'aussi réjouissants.
Mais avec ce goût formé aux classiques du genre, m'est-il encore possible apprécier la littérature contemporaine qui tente, elle aussi, de ressusciter les époques révolues?

Oui. La réponse est catégorique. C'est d'ailleurs la troisième fois que je lis Les Dîners de Calpurnia, avec la même délectation


L'histoire :

Elle couvre une longue période, une centaine d'années à cheval sur le premier et le deuxième siècle de notre ére, principalement à Rome et ses environs. Le monde s'agite aux portes de la villa du Vélabre, propriété de l'architecte Sévurus, sans jamais en franchir directement le seuil. La villa est un havre de paix et le restera tandis le trône impérial verra se succéder des hôtes furieux, assassins ou au contraire sages et rigoureux gestionnaires. Nous verrons Néron tour à tour dans sa grandeur et sa folie, l'incendie de Rome en 64 et la persécution des chrétiens; nous assisterons à sa mort laborieuse, et nous contemplerons sa succession par les éphémères Galba, Othon et Vitellius, remplacés par le célèbre Vespasien qui rétablira l'équilibre de l'Empire. Puis Titus entrera en scène, le Vésuve ensevelira Pompeï, Herculanum et Strabie. Pline l'ancien y mourra de sa très grande curiosité. Voici maintenant que c'est au tour de Domitien, frère de Titus, qui se distinguera par la reprise des persécutions contre les chrétiens, jusqu'à ce que, assassiné, il soit brièvement remplacé par Nerva, avant les longs et brillants règnes de Trajan, puis de Hadrien.

Pendant tout ce temps, la villa du Vélabre voit vivre ses occupants et passer tout ce que l'Empire compte d'esprits éclairés : les deux Pline, Juvénal, Martial, Tacite ou Suétone.
Calpurnia, fille adoptive de Sevurus, maître des lieux, grandit, devient adolescente avec les préoccupations de son âge, femme, épouse, mère puis grand-mère. À Sevurus l'architecte, succède Céler, son fils adoptif, architecte à son tour, qui épouse Calpurnia, puis viendra Rabirius qui l'épousera aussi à la mort accidentelle de Celer survenue lors de l'inauguration du Colisée. Une fille naîtra de cette union, Terentia, qui donnera en son temps naissance à Petronius, le sculpteur. Et tant que Calpurnia vivra, discrètement convertie au christianisme, sa maison recevra écrivains, historiens et poètes pour des dîners intellectuels où nous serons alors informés de la marche du monde extérieur.

Celui-ci bouge énormément; Rome évolue, se transforme, construit de plus en plus grand. Il y aura la Maison Dorée de Néron, sur les ruines de l'incendie, le Colisée commandé par Vespasien à la place de la Maiosn Doré, le forum de Trajan, le Panthéon, la villa Hadrianna; on déplace de la terre, on déblaie, on empile des pierres, on sclupte. Les habitants du Vélabre, par leur métier, sont forcément tous impliqués dans ce formidable mouvement de constructions. Ils participeront à l'Histoire tout en connaissant la faveur et la disgrâce des puissants, tandis que les amours contrariées ou non des uns et des autres nous entraînent dans cet étourdissant maëlstrom

L'auteur :

Jean Diwo (1914-2011) fut grand reporter à Paris Match, puis directeur de Télé 7 jours qu'il fonda, avant de se consacrer à la littérature en 1980, à la mort de son épouse, après la critique favorable rencontré par son ouvrage consacré à la brasserie Lipp.
Lauréat de l'Académie Française en 1982, il se consacrera alors au roman historique qui fit de lui un auteur à succès.

Ce qui frappe dans Les Dîners de Calpurnia, c'est la maîtrise avec laquelle l'atmosphère romaine est restituée. Sans doute cela tient-il à la précision du détail, à la très grande documentation sur laquelle le roman s'appuie et aux notes en bas de page qui viennent compléter une information trop elliptique. Jean Diwo remercie en fin d'ouvrages les historiens contemporains qu'il a compulsés ainsi que les oeuvres de Martial, Juvénal, Tacite et les deux Pline qui ont partagé sa vie durant deux ans, le temps nécessaire à l'écriture de son roman. Mais la grande habileté de Jean Diwo, c'est d'avoir fait des ces personnages les membres d'une dynastie de bâtisseurs et d'artistes, ce qui lui permet de nous instruire sur l'histoire de Rome d'une manière indirecte jamais indigeste comme pourrait l'être un ouvrage spécialisé alignant chronologiquement des faits bruts.

En conclusion subjective :

Ce livre n'est sans doute pas un chef d'oeuvre littéraire qui passera à la postérité (quoique), mais c'est roman formidable qui vous tient en haleine jusqu'à la dernière page et vous abandonne dans cet état particulier où, une fois la lecture terminée, l'on se sent frustré de ce que le plaisir soit déjà terminé.
Un très bon livre, pour des heures de détente savoureuses garanties, sur sa chaise longue, aux beaux jours. Ou au coin du feu, aux jours sombres.

Les Dîners de Calpurnia, Jean Diwo
Paru en 1997
441 pages
Éditions J'ai Lu, N° 4539

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