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L'homme qui voulait vivre sa vie, de Douglas Kennedy

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L'homme qui voulait vivre sa vie, de Douglas Kennedy Empty L'homme qui voulait vivre sa vie, de Douglas Kennedy

Message  André Jeu 16 Mai - 6:59

Gros roman haletant

Le genre :

S'attaquer au gros pavé de Douglas Kennedy au sortir du petit bijou de Raymond Radiguet (Le Diable au Corps) c'était courir le risque d'une grosse déception; et de fait, c'est bien ce que j'ai éprouvé dès les premiers paragraphes parcourus. L'écriture décharnée pourrait convenir à un rapport circonstancié de faits quotidiens sans importance. Le détail bénin comme la situation forte sont décrits avec le même détachement où affleure cependant une désillusion qui donne à entendre l'absurdité d'un certain mode de vie américain, celui des gens friqués insatisfaits de leurs vie privilégiée. C'est qu'ils auraient tous voulu être autre chose que ce qu'ils sont, persuadés de n'avoir pas exploité leur talent dont ils ne doutent pas. On sent qu'ils sont pris dans la nasse, qu'ils cherchent une issue en butant contre les parois qu'avec leur vie rangée ils ont dressées sur le chemin de sortie.
Et voilà qu'on passe outre le triste aspect de cette écriture sans ronds de jambe pour s'intéresser à une histoire où le trivial, parfois complaisamment étalé, le dispute à la vérité des sentiments décrits, où l'on désire avec le héros du livre que réussissent ses efforts pour quitter sa morne vie et devenir ce qu'il a toujours rêvé d'être.

C'est la grand force de ce conteur habile que de vous harponner, l'air de rien, et ne plus vous lâcher jusqu'à l'épilogue de son histoire.

L'histoire :

C'est celle de Ben, avocat de droit patrimonial affichant une belle réussite à l'américaine : salaire confortable, villa cossue style Nouvelle-Angleterre dans un quartier convoité du Connecticut, épouse raffinée, Beth, qui lui a donné deux enfants, Josh et Adam. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. En fait, d'aussi loin qu'il s'en souvienne, Ben a toujours désiré être reporter photographe. Aussi vit-il difficilement sa brillante situation aux côtés d'une épouse qui, elle, s'imaginant romancière douée n'accepte pas qu'aucun de ses manuscrits ne soit publié. Le couple a pour relation assez lointaine, un rentier vaniteux, Gary Summers, qui se fait passer pour photographe mais n'a jamais décroché le moindre contrat.

Pour tromper son ennui, et faire payer à son mari l'abandon de ses ambitions artistiques, Beth entame une liaison amoureuse avec Gary, que Ben méprise; pour lui, il s'agit d'un insupportable tocard. Et lorsqu'il découvre l'incompréhensible trahison de Beth, Ben cherche à savoir auprès de Gary ce qui chez lui a pu séduire sa femme. La discussion tourne au tragique : Gary est accidentellement tué. Les premiers moments de stupeur passés, Ben s'aperçoit alors qu'une chance de sortir de l'impasse vient de s'offrir à lui. Il suffit de faire disparaître le corps de Gary, d'usurper son identité tout en donnant à croire que lui-même a disparu sans qu'on puisse jamais mettre la main sur son cadavre. Pour cela, il lui faut abandonner métier, maison, femme et enfants en fournir la preuve de l'existence de Gary, parti au loin pour un de ces reportages photos qu'il espérait tant réaliser un jour.

Et c'est ainsi que Ben va vivre enfin la vie dont il a toujours voulu, celle d'un photographe libre de parcourir les vastes espaces. De la sorte, il rendra célèbre le nom de Gary Summers, donnant ainsi au mort la destinée qu'il appelait de tous ses voeux. Mais avec la renommée, le danger s'accroît : tout le monde veut connaître ce photographe dont on ignore le visage, et Ben, qui a pourtant changé de physionomie, ne peut se permettre d'être révélé au public sous peine d'être reconnu par les proches de sa précédente vie. L'étau se resserre autour de lui au rythme de sa gloire grandissante, les pièges à éviter se multiplient, l'angoisse gagne en intensité de page en page. Ben va-t'il réussir à vivre définitivement sa vraie vie?
La réponse se trouve dans les toutes dernières pages du bouquin

Cette histoire touche à l'universel.
Quel enfant, s'étant imaginé devenir pompier, aventurier, vétérinaire, bandit ou cosmonaute, finit sa vie de bureaucrate ou de chômeur en en déplorant la triste banalité? Si seulement il avait pu changer le cours des choses et devenir ce qu'il a toujours voulu être! Le personnage du roman, lui, franchit le pas lorsqu'il saisit l'occasion qui vient de se présenter, ce que beaucoup d'entre nous n'avons jamais osé faire

L'auteur :

Douglas Kennedy est né à New York en 1955. Il vit, ou a vécu, alternativement à Londres, Paris, Berlin et dans l'état du Maine, ce qui, sans doute, donne ce ton très authentique caractéristique de ses romans lorsqu'il parle d'un lieu. On le connaît surtout comme auteur à succès de roman à suspense, qui frise parfois avec le fantastique, comme la Femme du V°, qui se déroule à Paris; mais il est également reconnu en tant qu'enquêteur rigoureux et narrateur précis avec des récits bien accueillis tels que Au Pays de Dieu (2004) et Au-delà des Pyramides (2010)

L'homme qui voulait vivre sa vie fut adapté à l'écran par Éric Lartigau, ainsi que son premier roman intitulé Cul de Sac et paru en 1994. C'est assez dire que Douglas Kennedy ,est un raconteur d'histoires, et qui plus est, de bonnes histoires.

En conclusion

Il y a fort à parier que le présent ouvrage ne soit jamais reconnu comme un chef d'oeuvre de la littérature contemporaine. Les descriptions réalistes, parfois triviales des banalités quotidiennes, des contingences, des menus faits, sans apprêt ni charmes, me paraissent plus ressortir du journalisme standardisé que de l'écriture qui subjugue par ses trouvailles et sa musicalité. Mais peu importe : l'ensemble est extrêmement bien ficelé. On ne décèle pas de faiblesse dans la construction de l'intrigue pas plus que dans sa narration. C'est d'ailleurs une constante chez cet auteur de livres à succès vendus partout dans le monde. N'est-ce pas là le signe évident d'une qualité certaine?

Certes, le roman est volumineux, mais si haletant qu'on ne s'en rend pas compte. Au point même qu'après le mot "Fin" on aimerait que l'histoire se poursuive.

Pour se détendre en voyage, en n'importe quelle saison, il sera un très bon compagnon.

L'homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy
Paru en 1998, réédité en 2010
497 pages
Éditions Pocket, N° 10571

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