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Histoire légendaire du terme Quatorze, Roland Egensperger

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Histoire légendaire du terme Quatorze,  Roland Egensperger Empty Histoire légendaire du terme Quatorze, Roland Egensperger

Message  André Sam 28 Déc - 17:21

Comment le vocable "quatorze" fut introduit dans la langue française, d'après un manuscrit retrouvé de Chrétien de Troyes, auteur du cycle romanesque des Chevaliers de la Table Ronde,

par Roland Egensperger,

         "Un jour, se promenant sans escorte dans la forêt autour de la ville de Caërléon, la reine Guenièvre fut enlevée par l’ennemi juré du roi Arthur, Méléagant. Aucun des plus purs chevaliers de la table Ronde, Yvain, Lancelot, Eric, Gauvain et d’autres, ne put réussir à la soustraire au redoutable ravisseur. Elle estoit séquestrée dans la plus hautes des chambres d’un donjon du Pays de Galles, lui-même juché sur un promontoire escarpé.

         Sensible aux suppliques du Roi Arthur, la fée Viviane dépéchoit ses poissons-chats volants (flying catfishes), lesquels lui servoient de messagers. A leur retour du château de Méléagant, elle révéloit au roi Arthur que son épouse étoit assez bien traitée, mais qu’elle supportoit mal l’ennui d’une si solitaire captivité. Aussi la fée demandoit-elle à Merlin l'Enchanteur, dont les vertus de magicien s’altéroient quelque peu avec l’âge, de lui confectionner une beste composée, pour une part beste de compagnie, pour une autre beste capable de permettre à la Reine de s’enfuir, une sorte de Pégase en somme. Mais Merlin ignorait les secrets de fabrication des centaures du panthéon grec. Il inventoit d’abord un tout petit félin - un catimini - que les poissons-chats volants n’eurent guère de peine à transmettre à Guenièvre. Mais il estoit si petit que la reine le perdoit sans cesse de vue et ne lui estoit d’aucune utilité pour quitter la froide forteresse où elle estoit captive.

        Alors Viviane pressa le vieux Merlin de se remettre au travail: il se rendit à son atelier et conçut avec labeur un centaure de son cru: une tête de chat aux poils soyeux, un poitrail angora et un corps de cheval miniature dont chacune des pattes postérieures - une fois déployées - pouvoient parcourir 7 lieues en une seule enjambée. Cette transformation se feroit à la condition de prononcer une formule magique que Merlin, qui perdait la mémoire, oublia aussitôt l’ouvrage accompli.

         Merlin confia ce centaure celtique à des montreurs d’animaux de passage à Caërléon. Ces derniers se rendoient au château du ravisseur. La magnificence de cette beste convainquit Méléagant de l’offrir à la belle Guenièvre qu’il sequestroit et dont il espéroit obtenir les faveurs.

        En caressant la crinière douce et fauve de la beste, Guenièvre fut intriguée par sa croupe et par sa queue qui estoit sans conteste celle d’un destrier. Elle remarqua bien vite les sabots ferrés des pattes postérieures et, sans autre réflexion, prononça le mot «cathorse» en détachant bien les deux parties: «cat»-»horse». C’estoit le mot magique oublié de Merlin. Aussitôt la transformation de la partie arrière de la beste se déroula: la crinière devint toison de crin, le torse devint celui d’un étalon et les pattes arrières s’allongèrent démesurément.

         Fort vite remise de sa stupeur, la reine Guenièvre enfourcha le fabuleux animal. Il sauta par la fenêtre ouverte du donjon, et, en quelques foulées, parcourut par monts et par vaux la distance qui séparaient le domaine de Méléagant du royaume de son époux. D’abord pétrifié de peur à la vue de cet animal fabuleux - une tête de félin sur un corps allongé de destrier, le roi Arthur fut rasséréné quand il vit Guenièvre mettre pied à terre et lui présenter «Cathorse».

        «Cathorse» fut désormais le terme favori de la cour du roi Arthur. Cet être double, revenu à des proportions plus modestes, ne quitta plus les appartements de la reine, se contentant du statut de chat angora. Mais à chaque fois que le roi Arthur rendoit visite à son épouse, Cathorse montoit sur ses «grands chevaux», ce qui mettait en fuite le mari de la reine."

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       A l’occasion de la guerre de cent ans, cette légende traversa le channel, et ce fut un des rares cas où un terme anglois pénétra le vocabulaire de l’ancien français et prit place entre «treize» et «quinze».

         Au XVII° siècle, Charles Perrault reprit la teneur du conte. Il fit de «quatorze» un animal salvateur et chevaleresque au service de la justice du bon peuple. Mais pour ne pas porter ombrage à un certain Louis titré «XIV», le centaure celte pris la forme d’un chat botté, dont les chausses de sept lieues à elles-deux pouvaient parcourir quatorze lieues d’un coup.
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Bonne année "cathorse" à tous,

Roland & Malika

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