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Sans espoir de retour, de David Goodis

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Sans espoir de retour, de David Goodis Empty Sans espoir de retour, de David Goodis

Message  André le Sam 5 Mar - 8:38

Polar très sombre et désespéré

C'est dans l'ordre des choses qu'un polar soit sombre; d'ailleurs, ce genre de récit trouve naturellement sa palce au sein de collections telles que Série Noire, Fleuve Noir ou Carré Noir. Mais celui-ci l'est particulièrement, avec une écriture sobre et une science consommée de l'intrigue. Sans doute cela tient-il au caractère de l'auteur, dont la vie ressembalit beaucoup à celles de ses personnages malmenés par la déveine et la brutalité du monde.
On ne peut donc parler de l'oeuvre sans évoquer l'auteur

David Goodis, l'écrivain :

Extrait de la courte biographie donnée en introduction de l'édition Folio
Né en 1917 à Philadelphie, David Goodis...timide, solitaire, renfermé sur soi, a fait d'assez brillantes études universitaires et a obtenu un diplôme de journaliste en 1938. Son roman, Cauchemar, ayant suscité l'intérêt de la Warner Bros, le voici à Hollywood où il partcicipe à l'écriture de divers scénarios.
Et puis c'est le retour, probablement définitif à Philadelphie et le début d'une légende basée sur des faits réels : l'alcoolisme, la solitude, les errances dans les lieux maudits, les vagabondages, les arrestations, et, en même temps, la poursuite fiévreuse de l'écriture, dans une sorte d'identification avec les ratés de la vie, les victimes de la malchance et la déchéance humaine.



Sans espoir de retour, l'histoire :

Whitey est un poivrot. Chétif et timide, il s'exprime par un murmure douloureux et cassé; il a l'air d'un bougie vacillante dans la bise glacée de Skid Row. Deux autres ivrognes lui tiennent compagnie, qui se lamentent sur l'alcool qu'ils n'ont plus à boire. Soudain, Whitey, semble sortir de léthargie et se lève pour suivre un personnage grotesque qui vient à passer sur le trottoir d'en face. Quelque chose l'intrigue dans l'allure du passant, comme un très vague souvenir à peine discernable dans un passé lointain, si lointain. Pourtant Whitey n'a que trente trois ans, et il semble un vieillard malingre rompu avec une chevelure blanche remarquable. La filature l'entraîne dans l'Enfer, un quartier encore plus sordide que Skid Row, en proie à des émeutes raciales fréquentes. D'ailleurs, les hurlements, les bruits de cavalcades, les coups de sifflets proches qui s'élèvent devraient l'inciter à rebrousser chemin illico, s'il veut éviter la poisse qui ne va pas manquer de fondre sur lui. Mais le passant l'entraîne irrémédiablement vers son destin, on le sent même sil'on ne comprend pas pourquoi.
Cependant, Whitey perd le passant de vue, et débouche dans une impasse où un flic vient d'être agressé et demande du secours en râlant. Whitey se précipite pour aider le policier qui décède dans ses bras. D'autres flics débouchent dans l'impasse et sans réfléchir fondent sur Whithey pour le mener menotté au commissariat du 37° district de très mauvaise réputation.

Dès cet instant, la machinerie infernale est enclenchée.
On suffoque de l'inustice qui frappe le personnage, du sort qui s'acharne sur ce doux pour lequel on éprouve de l'empathie. Et le récit est si bien ficelé qu'il ne peut pas en être autrement : l'histoire de Whitey va nous être révelée graduellement, ainsi que la tragédie dans laquelle il ne se débattait plus jusqu'à ce que le passé ressurgisse inopinément sous la frome d'une silhouette grotesque. Et c'est une histoire qui nous rend plus que sympathique ce déveinard grand modèle.

On désire fortement qu'il parvienne à s'extraire du cloaque, qu'il revienne à la lumière et retrouve tout ce qu'il a perdu.
Y parviendra-t-il ou sa situation est-elle sans espoir de retour, comme celle de l'Enfer que secouent ces échauffourées meurtrières rendant son existence encore plus précaire?

Suspense habilement maîtrisé.

Quelques réflexions


David Goodis est mort à l'hopital à l'âge de 50 ans, plus solitaire que jamais sans doute. Aujourd'hui oublié, peut-on ne pas s'intéresser à ce destin exemplaire dans la mélancolie qui rappelle un peu celui d'Edgar Poe?.

Lire David Goodis, c'est donc lui rendre hommage en le tirant de l'oubli, lui dont Le Casse (1954) fut adapté à l'écran par Paul Wendkos aux Étas Unis et par Henri Verneuil en France, Vendredi 13 adapté par René Clément sous le titre La course du lièvre à travers les champs, Tirer sur le pianiste adapté par François Truffaut, La nuit tombe par Jacques Tourneur, La Lune dans le caniveau par Jean Jacques Beneix

Lire Sans espoir de retour, c'est approcher un écrivain formidable, qui a des choses à dire sur les chienneries de la vie, et qui les raconte à travers un récit nerveux au style sans fioriture. Il y a des polars qui valent bien plus que les best-seller annuels oubliés dès la fin de l'été.

Collection Folio, N°1850, 250 pages

André


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